Introduction Haut de page ↑
Quand j’ai commencé à écrire mes premières chansons dans les années 70, si quelqu'un m’avait prédit qu'un jour je réécrirais les paroles de La Marseillaise presque quarante ans plus tard, je l’aurais traité de fou, me serais probablement étouffé de rire… tellement cette idée était loin de ma façon d’être, de penser, de brûler ma jeunesse aux schèmes plutôt « peace and love ».
Depuis, la vie m’a appris qu’il valait mieux retrousser ses manches et se plonger dans le travail pour essayer de faire bouger certaines situations à l’intérieur des systèmes et ainsi faire évoluer le monde sans violence. Ne pas essayer de vaincre mais de convaincre.
Un jour, peut-être, nous serons fiers d’avoir contribué à donner à ce pays des paroles plus humanistes pour son hymne, et en harmonie avec les valeurs et les aspirations de notre société actuelle : « La liberté éclairera alors le monde entier et remplacera le sang impur qui abreuvait nos sillons »…
Il n’est pas très facile à une époque où le grand jeu consiste à tout tourner en dérision, au cynisme, d’essayer d’escalader pieds nus cet Himalaya symbolique, émotionnel et affectif que représente La Marseillaise. Peut-être est-il plus simple de rester assis sur sa chaise en égrainant son chapelet laïc de critiques : « Il faudrait, y a qu'à, ils devraient, c’est nul… tous pourris… ».
« Les mots sont des mantras » disent certains sages indiens, ce sont eux qui nous forment… C’est certainement juste et il y a de quoi être inquiet pour l’influence de notre hymne actuel. Pour essayer de planter sur ce sommet inaccessible cette nouvelle bannière, j’y mets toute ma vie, toutes mes forces, et j’y arriverai un jour… même si j’aurais dû mourir entre temps…
Enfin, mon chemin a été assez solitaire dans le milieu difficile de la chanson. Je rêvais aux étoiles, j’ai vite découvert que les piliers du Temple s’appelaient : strass, paillettes et apparences. Merci à Claude Desjacques. Merci à Jean Musy de m’avoir aidé avec son immense talent dans mes débuts discographiques. Je vous laisse découvrir quelques unes des soixante-dix chansons semées au gré du vent de mes presque quarante années à écrire et à faire bien d’autres choses…
Les plus anciennes, sans doute généreuses et naïves, représentent l’époque bien lointaine de ma jeunesse : écoutez-les comme telles. Mes chansons ont évolué au fil du temps pour arriver à ce qu'elles sont aujourd’hui : un regard sur la vie impossible à exprimer autrement… Je n’ai jamais triché : elles me reflètent complètement… Je les assume toutes et ne renie rien.
Sans doute ai-je été et suis-je encore trop rêveur, idéaliste ; plus instinctif et intuitif qu'intellectuel avec un fond même, un peu mélancolique (certainement beaucoup trop pour le monde du show-biz). Ma chanson préférée dans cette sélection : « l’Ahmisa » en hommage à Gandhi, à la non violence… Mais il y en a tellement d’autres que vous ne pourrez qu'imaginer, le choix ayant été difficile pour moi car trop restreint.
Fraternellement vôtre.
P.M.
Biographie de Pierre Ménager Haut de page ↑
Né en 1951 à Mont de Marsan (Landes) d'un père officier dans l’armée de l’air et d'une mère professeur de philosophie, Pierre Ménager est le sixième d’une famille de sept enfants. Lié depuis l’enfance à la nature, par un amour inconditionnel, il est un éthologue en herbe, ami des oiseaux, qui a pu grandir dans une vraie liberté, nourri aux valeurs humanistes, au sens aigu des responsabilités et de l’attention à autrui.
Il entreprend un long périple en Amérique du Nord puis en Amérique Centrale, et découvre Nashville, la musique folk, la Nouvelle Orléans et le jazz … Il séjourne au Mexique, au Salvador … et découvre les Civilisations pré-colombiennes et leurs descendants. Il s’éprend alors de la forêt vierge tropicale.
Au retour de cette aventure, il décide d’abandonner les études de droit, et de notariat, auxquelles il se destinait.
Dans les années 70/72, Pierre Ménager se passionne pour la musique folk et adopte le picking, style musical très riche en harmonies syncopées, rapporté de Nashville, et nouveau pour l’époque en France. Il a aimé interpréter aussi Vian, Brassens, Auffray, Cohen, Moustaki… sur des petites scènes parisiennes.
Mais, encouragé par le cinéaste Henri Colpi, ami de Brassens, il se concentre sur ses propres compositions, et rencontre Claude Desjacques, directeur artistique renommé de cette époque. Il participe ainsi entre 76 et 78 à plusieurs émissions de télévision et de radio, et réalise deux disques, l’un chez Polydor en 76 et l’autre chez Dam en 77, sur des arrangements de Jean Musy.
Toutefois, il choisit une autre route que celle du show biz, mais il a conservé le goût d’écrire et de composer toujours des chansons, et se produit encore de temps à autres. Ainsi, il s’est toujours considéré comme un « artisan musicien ».
Aujourd’hui directeur adjoint d’un internat pour enfants et adolescents confrontés à un handicap mental et intellectuel, dans le sud de l’Essonne, répond volontiers : « Vivre ma vie avec eux et les faire évoluer est sans doute la plus belle de mes chansons ».
Membre de la SACEM depuis 1976 comme auteur, compositeur, interprète.