Cette page regroupe plusieurs lettres envoyés au Président de la République.
Lettre du 26 février 2009 Haut de page ↑
Monsieur le Président de la République
PALAIS de l'ÉLYSÉE
55, rue du Faubourg Saint-Honoré
75008 PARIS
Monsieur le Président de la République,
Je reviens vers vous après votre réponse portée par votre Chef de Cabinet.
Je suis profondément touché et très honoré de l’attention particulière que vous avez portée à ma démarche et à mes réflexions.
En effet, si La Marseillaise historique demeure pour certains peuples d’aujourd’hui un symbole encore puissant, leurs citoyens sont souvent choqués par la signification des paroles, quand notre hymne leur est traduit.
Vous soulignez la nécessité d’un effort de compréhension collectif et historique et je ne peux que rejoindre la justesse de vos propos. Cependant, l’histoire récente de la Shoah et des différentes épurations ethniques de notre siècle a donné un autre sens aux paroles de notre hymne, ce qui crée aujourd’hui un réel malaise difficile à ignorer.
Pour des enfants comme pour des nouveaux immigrants, et ne nous le cachons pas, pour beaucoup de français encore, le texte de notre hymne nécessite au préalable des efforts explicatifs pour mieux en saisir le sens, alors que les paroles devraient se suffire à elles-mêmes et permettre à l’émotion de nous envahir.
Or aujourd'hui, c’est davantage le poids de l’histoire qui nous retient de revisiter notre hymne plutôt qu’un réel attachement à des paroles très éloignées des valeurs républicaines de notre époque. Sans doute est-ce pour cela qu’une partie des français se détourne de notre hymne ou éprouve des difficultés à le chanter. Une loi coercitive risque d’exacerber le problème.
Même, si aujourd'hui nous sommes nombreux à connaître la vraie signification des paroles, exempte de tout racisme, écrites par Rouget de Lisle, le cœur n’y est plus…
Même avec l’effort de compréhension historique auquel vous faites justement référence, l’histoire nous invitera tôt ou tard à recomposer les paroles de notre hymne ou même à en changer.
De surcroît, inculquer un chant aussi violent et sanguinaire aux jeunes enfants, même entourés de réelles précautions pédagogiques, interroge nos responsabilités et notre projet éducatif collectif.
Oui, Monsieur le Président, « La liberté est un bien qui se conquiert et se défend » mais le courage et la vertu doivent être à la hauteur de nos responsabilités devant le monde.
La Russie a modifié les paroles de son hymne en Juillet 2002 tout en conservant la musique historique de Sakalowski…
Au peuple français aussi, cette question se posera bientôt sur le méridien de l’histoire.
Voilà pourquoi je vous en propose une recomposition.
Puissiez-vous être le Président qui permettra l’ouverture de cette indispensable réforme afin que le couplet historique soit confié au musée de la République avec tous les honneurs et l’immense respect que nous lui devons.
Ainsi, nous français, indépendamment de nos origines, retrouverons la fierté de chanter cet hymne au sens renouvelé.
Recevez, Monsieur le Président de la République, l'assurance de mes plus respectueuses salutations.
Pierre MENAGER
Lettre du 6 décembre 2008 Haut de page ↑
Monsieur le Président de la République
PALAIS de l'ÉLYSÉE
55, rue du Faubourg Saint-Honoré
75008 PARIS
Monsieur le Président de la République,
Notre République a su changer, évoluer, s’adapter … Pourquoi les paroles de son Hymne n’en feraient pas de même ?
J’ai revisité les paroles de ce chant afin de les mettre en harmonie avec notre époque tout en restant proche de l’esprit qui guida Rouget de Lisle.
Je vous suggère que notre Hymne parle désormais des valeurs de la France de notre temps : la Justice, la Fraternité, la Liberté et le Courage ...
Certaines paroles de Rouget de Lisle, au demeurant bien compréhensibles dans leur contexte historique, apparaissent en décalage avec le sens de l’histoire, en particulier au regard de l’extermination planifiée de millions d’hommes, de femmes et d’enfants par la volonté de ceux qui rêvaient d’une « race humaine purifiée » et dont les racines se nourrissent toujours du même mal.
Le mot « République », ciment essentiel de notre nation qui ne figurait pas dans le texte d’origine, apparaît maintenant.
Dans ce travail, j’ai écarté les allégories sanglantes : « l’Etendard sanglant est levé - Qu’un sang impur abreuve - Égorger nos fils » …
Ce chant, à l’origine écrit pour galvaniser les Français contre un envahisseur extérieur se doit aujourd’hui encore de les rassembler et les unir par le biais de valeurs communes, qu’ils soient originaires de ce pays ou qu’ils l’aient rejoint au fil de son histoire.
Les anciens combattants ne se sentiront pas trahis par un texte toujours combatif qui ne les oublie pas (« l’Etendard de justice est levé … aux tyrans arracherons des pleurs … le chant de la Victoire … etc … »).
Tous les démocrates républicains de notre pays doivent se reconnaître dans l’esprit altruiste du nouveau texte.
J’ai cherché à garder le souffle, l’esprit originel de l’Hymne (c’est une marche et cela doit le rester), d’où les références régulières au texte initial dans le premier quatrain puis la reprise du : « Marchons, marchons » …
Enfin le « Hourra ! Voilà l’Espoir ! Le chant de la Victoire » … confirme le cri de joie d’être ensemble : nous crions la Victoire sans être forcément cocardiers. C’est une expression nouvelle, originale, pleine d’énergie qui se chante de surcroît parfaitement.
Le final, c’est la Liberté qui éclaire le monde, l’héritage de cet évènement exceptionnel qui a libéré les hommes de siècles de servages et de l’arbitraire : l’abolition de la Monarchie absolue.
Je ne présente intentionnellement qu’un nouveau premier couplet avec le refrain. En effet, le premier couplet, est devenu de fait l’Hymne de notre pays. C’est une façon de déposer avec modestie une pierre à l’édifice institutionnel de ma patrie et de contribuer à une vraie transition mais inspirée par l’Histoire.
C’est une branche nouvelle qui pousse sur le chêne symbolique planté par Rouget de Lisle, nul doute : les racines, le tronc et la sève qui supportent et nourrissent cette nouvelle branche sont bien de lui. C’est bien lui qui permet ce passage à notre temps, ainsi que le sang versé par les français afin qu’aujourd’hui ils soient fiers d’être les héritiers du siècle des lumières.
Sans doute faudra-t-il politiquement beaucoup d’audace et de détermination pour oser revisiter un tel symbole plutôt figé par l’Histoire.
En même temps, l’immense majorité du peuple français tient à ses racines, à cet air unique entre tous, à l’émotion qu’il nous procure …
La moisson sera à la mesure de la grandeur et du courage de ceux qui le feront afin que la France devienne encore plus la France.
Avec mon infini respect.
Pierre MENAGER