Cette page vous offre la possibilité de découvrir quelques réponses à de nombreux courriers ou mails qui me sont adressés. Sauf exception (réponse au Président ci-après) et par respect pour les personnes qui m'écrivent, je n'ai pas souhaité reproduire leur courrier ou leur mail et j'ai préservé leur anonymat.
J'ai sélectionné quelques unes de mes réponses qui, de mon point de vue, permettent aux visiteurs de ce site, de mieux découvrir ce qui fonde ma démarche.
Cette page sera donc amenée à être modifiée ou complétée au fil du temps… N'hésitez pas à poster vos commentaires sur notre page Facebook®.
Nos ancêtres et l'oubli Haut de page ↑
Février 2012
Bonsoir Romain,
Vos arguments se défendent très bien. Si changer quelques mots de notre hymne nous conduisait à oublier ceux qui ont laissé leur vie pour notre liberté, alors oui, il n'y faudrait rien changer. Ce n'est pas un hymne qui fera qu'on se souvienne ou oublie les poilus de 14-18. Qui se soucie d'eux aujourd'hui ? Combien d'entre nous vont se recueillir en pensant à eux chaque 11 novembre... Si peu.
Mon grand père est mort en Argonne le 23 novembre 1914 : il avait 28 ans. Il a été enterré à la hâte dans sa tranchée et ne fût jamais retrouvé... Mon père est né quelques jours après sa disparition. Maintenant que mon père est parti, c'est moi qui vais me recueillir chaque année là-bas au milieu du champ de bataille, où tout est encore bouleversé cent ans après, au plus près de l’endroit où a disparu mon si jeune grand-père. Dans un acte parfaitement dérisoire mais afin qu'il sorte symboliquement un peu du néant, j'ai fait graver son nom à l'ossuaire de Douaumont : Louis Jules Elie M... C'est l'Amour que l'on porte à nos ancêtres qui les empêche de tomber dans l'oubli, pas le fait de changer quoi que ce soit à notre hymne. Je suis favorable à d'autres paroles : car les mots féroces actuels ne sont vraiment pas nécessaires pour ressentir la joie d'être Français. Je ne suis pas non plus, pour supprimer La Marseillaise mais simplement la revisiter tout en conservant son message historique. Si nous y arrivons, alors mon grand père et son jeune frère ne seront pas morts oubliés.
Merci Romain d'avoir exposé votre avis avec calme et courtoisie.
Avec mes amicales salutations.
La liberté éclaire le monde Haut de page ↑
Janvier 2012
Salut Adrien,
Oui nous devons être très attentifs au sens implicite ou explicite des paroles de notre hymne car justement il ne s'agit pas "du tube de l'été". Notre Marianne reste un symbole fort et elle nous rassemble. Ceci étant, elle a changé plusieurs fois de modèle de visage ces cinquante dernières années et cela n'a pas altéré notre sens patriotique !!! Les couleurs du drapeau sont simples, très belles, et signifiantes de notre histoire. Il en est de même pour la musique de notre hymne... Alors où voulez-vous en venir dans ce tout ou rien ? Je ne comprends pas : vous comparez les quelques centaines d'auteurs qui ont proposé de nouvelles paroles depuis deux siècles, avec le chiffre de la population d'aujourd'hui. Cela n'a rien à voir.
Enfin la France a offert aux États Unis d'Amérique une statue mondialement connue : "la liberté qui éclaire le monde". N'est-ce pas redonner un peu de fierté à notre peuple que de souligner ainsi son rôle historique dans la naissance de la démocratie du monde moderne ?
Nous sommes de plus en plus nombreux à être mal à l'aise devant certaines allégories barbares, violentes, et nous sentir en décalage avec les idéaux de notre temps. Faut-il nous taire ? Est-ce cela la démocratie ? Malheureusement, "un sang impur" abreuvera encore longtemps notre inconscient collectif car il faudrait un courage politique immense pour changer cela.
Avec mes plus cordiales salutations.
Pas le vouloir : le valoir Haut de page ↑
Décembre 2011
Bonjour Marvin,
Des centaines de personnalités illustres de ce pays partagent l'idée de donner aux paroles de notre hymne un souffle nouveau, un seul et unique couplet avec nos valeurs de justice et de fraternité.
Être Français : il ne sert à rien de le vouloir, il faut plutôt le valoir. Comprenez-vous cela ?
La vulgarité, la grossièreté, ne peuvent légitimer un point de vue, fût-il fondé.
Bien cordialement.
Ajuster les mots à nos valeurs Haut de page ↑
Décembre 2011
Bonsoir,
Je suis plus sensible à votre seconde intervention plus dépouillée et plus vraie et aussi à certains de vos arguments, hélas assez fondés. Oui ce genre d'entreprise est impossible sans sa part de doute, de douces illusions et de cruelles désillusions. De mon point de vue, la morale fonde le droit et non l'inverse : il ne peut y avoir de démocratie sans vertu comme de justice... sans amour. Quand je perds la vue, mon cœur sait quand il a raison. Finalement je crois que nous ne sommes pas si éloignés, et sans doute, partageons et aimons le même fleuve, mais ne marchons pas sur les mêmes rives.
Au cœur de la barbarie de Verdun beaucoup d'hommes rêvaient d'autre chose que de guerre, certains ont même payé de leur vie quelques échanges fraternels. Pourquoi ce siècle de tous les dangers fondamentalistes, du terrorisme et surtout de l'égoïsme, ainsi que vous le soulignez justement, ne serait-il pas porteur du même ferment ? "Les mots sont des mantras" affirment certains sages orientaux, ce sont eux qui nous forment. A l'automne de ma vie je mesure cette profonde hypothèse.
Dès l'instant où nous perpétuons et transmettons le message historique de vigilance vis à vis de la tyrannie, il paraît possible d'essayer d'ajuster davantage les mots qui nous représentent avec les valeurs et les idéaux légués par la révolution Française. Mais sans abandonner pour autant la musique et surtout l'esprit de cet hymne-symbole, ni son agressivité intéressante. Expurgeons simplement l’extrême violence de ce chant de guerre, pas vraiment indispensable pour abreuver notre inconscient individuel et collectif depuis notre plus tendre enfance. Avec d'immenses hommes et femmes illustres, politiques, artistes ou simplement avec d'autres, plus humbles et discrets, je partage l'idée qu'un seul couplet et refrain issus de notre histoire suffirait. Les autres symboles de la République ne souffrant d'aucune autre ambiguïté.
Bien cordialement,
Pierre Ménager.
Paroles utopiques et abstraites ? Haut de page ↑
Décembre 2011
Bonjour,
Merci de vos remarques. Mais entendez qu'il est très difficile de vous répondre tellement votre parti pris est grand. Vous étayez vos raisonnements sur des affirmations verrouillées et accusatrices. Dommage, la qualité et la vivacité de votre style est bien agréable. Il ne s'agit nullement d'une parodie. C'est beaucoup plus grave Docteur, c'est très sérieux !
Mais dites moi, si à l'origine, ce chant avait été composé avec ces paroles "utopiques et abstraites", et qu'un illuminé propose aujourd'hui les paroles écrites par de Rouget de Lisle, n'est-il pas certain que vous seriez infiniment plus sévère que lui vis à vis des paroles actuelles et défendriez celles de l'utopiste. Bien sûr tout cela est fiction, dormez en paix.
Le monde change et vous ne voyez rien. Les hommes et les femmes qui composent ce pays aussi et se reconnaissent dans des allégories un peu plus idéalistes ou généreuses. Ils recherchent un lien plus humaniste : ce que vous nommez par "concepts utopiques et abstraits sans aucune utilité". Bien voyons !!!
Il n'est pas de rejet de La Marseillaise dans cette proposition. Nous aimons l'énergie de notre chant, sa musique, connue entre toutes, mais aimerions qu'il enlumine mieux nos valeurs de fraternité en adéquation avec les trois mots inscrits aux frontons des mairies de toutes les villes et villages de France. Voilà ce que propose cette autre Marseillaise.
Pour ce qui est des sifflets : nous ne pouvons cautionner une atteinte à un des symboles de notre pays, même si nous souhaitons voir en son sein apparaître des allégories plus généreuses, idéalistes et humanistes, qui élève la part de l'humain dans l'homme. A ce titre notre hymne actuel doit aussi être respecté. Cela vous va ?
Non, il n'est pas facile de faire évoluer nos symboles pacifiquement. Cet échange nous le démontre. Pourtant si nous portions d'autres paroles à notre chère Marseillaise, c'est tout notre inconscient collectif qui à son tour nous porterait vers d'autres chemins plus ensoleillés.
Les insultes aux ancêtres Haut de page ↑
Novembre 2011
Bonjour,
Vous avez dû vous tromper de site ou de paroles, dans vos recherches... On peut aimer ou pas cette autre Marseillaise, ça c'est normal... En ce qui concerne "les insultes aux ancêtres", écoutez bien : La Marseillaise était à peine née, et déjà des auteurs essayaient d'en modifier les paroles...
En 220 ans des centaines d'auteurs ont proposé d'autres paroles. Ce chant guerrier sanguinaire n'a jamais fait l'unanimité même si, il a été un symbole formidable au siècle dernier, dans les périodes où la France était envahie. Des milliers de Français ont perdu leur vie en combattant et n'aimaient pourtant pas autant que vous, ces paroles sanglantes. Mes ancêtres, comme tant d'autres, ont donné leurs vies pour la France et faisaient partie de ceux-là. Des centaines de personnalités de notre pays à travers les différentes époques (politiques, artistes etc...) se sont déclarées en faveur de la modification des paroles (certains ne souhaitant qu'un seul couplet) : de Jean Jaurès à Paul-Émile Victor, oui des centaines... Faites des recherches et vous serez très étonné. Alors cher Monsieur, soyez prudent avant d'affirmer que tout désir de changement est une insulte envers nos ancêtres, car beaucoup d'entre eux, et parmi eux de nombreux combattants, y étaient très favorables.
Ces nouvelles paroles que vous n'avez visiblement pas écoutées, parlent de France, de Fraternité d'Espoir et de Liberté. Il ne s'agit pas une énième version pacifiste mais d'une véritable autre Marseillaise. De surcroît le message historique de vigilance contre la tyrannie est parfaitement conservé pour les générations futures.
La Marseillaise fût aussi à diverses époques, utilisée comme symbole de lutte contre l'oppression dans certains pays. Mais souvent les paroles avaient été revisitées ! Si La Marseillaise avait été composée avec celles-ci, personne très certainement ne songerait à les modifier aujourd'hui. D'après un récent sondage, deux Français sur trois ne connaissent pas entièrement le premier couplet de leur hymne (je ne vous dis pas les suivants...) Mais eux aussi sans doute, comme vous, farouchement opposés à toute modification même partielle des paroles.
Faire évoluer cet ultra-conservatisme sera très difficile. Alors soyez rassuré : le sang impur a encore de belles années devant lui.
Avec mes meilleures salutations.
La haine et la Fraternité Haut de page ↑
Novembre 2011
Bonjour Julien,
Personne ne nous oblige à changer quoi que ce soit. Mais sous un même toit (ou si vous préférez dans un même projet de société), il ne peut y avoir une place commune pour la haine et la fraternité. Que cette maison ait été habitée ou non par nos ancêtres. La République a choisi la Fraternité et l'a inscrit sur les murs des mairies dans toute la France. Il est donc parfaitement cohérent de faire correspondre les mots de notre hymne avec les valeurs inscrites sur leurs frontons. Mais je vous rassure, on ne change pas grand chose... uniquement quelques mots.
Si les paroles sanglantes actuelles parlent à votre cœur : chantez-les toujours.
Bien cordialement.
Paul (administrateur du site "une autre Marseillaise pour la France".
Pas question de refaire le passé Haut de page ↑
Octobre 2011
Oui Clément, je partage votre avis : gardons notre Histoire, pas question de refaire le passé ! oui gardons notre hymne mais élevons-le encore plus haut... Accordons-le davantage avec un des trois piliers des valeurs de notre République : la Fraternité.
J'en inscrirai bien aussi une quatrième : la Solidarité.
Graeme Allwright Haut de page ↑
Mars 2011
Bonjour Patrick,
Votre message m’a été transmis. Merci d’avoir pris la peine de me donner votre point de vue.
Je suis, comme vous, très sensible aux paroles profondes de Graeme Allwright. Cependant, il me semble vain de comparer ma composition et la sienne car il s’agit de deux démarches totalement différentes, et non antagonistes.
De mon point de vue, tous les français (et ceux qui veulent le devenir…) sont (deviennent) les héritiers de la révolution française. Ainsi, nous avons à transmettre, comme notre hymne nous y invite, un devoir de vigilance contre la tyrannie. C’est le sens implicite de La Marseillaise. Et il n’y a aucun compromis à faire avec cela. L’histoire récente du 20ème siècle avec ses 90 millions de victimes est suffisamment explicite pour nous le rappeler.
La Marseillaise de Graeme Allwright est un chant d’amour, de partage… mais ce n’est plus La Marseillaise, c’est autre chose…
Dans cette courte mais très difficile composition, j’ai souhaité conserver nos racines historiques, l’esprit révolutionnaire issu de la « bonne » partie de Robespierre, mais j’ai retiré l’aspect violent et sanglant vraiment pas indispensable pour développer la part de l’humain dans l’homme. C’est vrai, j’ai gardé parfois de l’agressivité dans certaines tournures de style (« aux tyrans arracherons des pleurs »…). L’agressivité, qui n’est pas de la violence, est aussi nécessaire à nos vies que l’Amour pour survivre. C’est aussi une composante historique de cet hymne et de son peuple.
A partir des paroles mêmes de Rouget de Lisle, j’ai voulu faire passer aussi un message d’espoir (« hourra, voici l’Espoir »…). A l’instar de beaucoup de personnalités, je pense qu’un seul couplet est largement suffisant dès l’instant où il porte toutes ces valeurs. Voilà pourquoi je n’en ai publié qu’un seul (bien qu’en ayant composé plusieurs…).
Je me suis donc fixé un cadre très coercitif (avec la reprise de vers entiers de Rouget de Lisle), et l’exercice s’est avéré vraiment difficile ; tout au moins si on veut rester dans des choses simples qui parlent au cœur des gens. L’approche de Graeme est totalement différente : universelle, ouverte, profonde, humaine mais faisant fi du passé, de la référence à notre Histoire commune. Ses propos restent à l’image du personnage : généreux. Mais je le redis, c’est une autre histoire… Pour le reste tout est sur le site : « Une autre Marseillaise pour la France ».
Un grand bonjour à tous les visiteurs de votre blog.
Avec mes plus amicales salutations.
Pierre Ménager
Respect du texte original Haut de page ↑
Monsieur,
J’ai été sensible mais surtout très honoré de recevoir votre courrier en date du 8 déc 09. Je suis parfaitement conscient de la difficulté extrême de ma quête.
Ma démarche n’est pas une démarche contre La Marseillaise de Rouget-de-l’Isle vis-à-vis de laquelle j’éprouve un profond respect, en la replaçant dans le contexte de l’Histoire.
Il a plusieurs fois été souligné que ma composition se distinguait des autres tentatives, très nombreuses à ce jour, car elle s’appuyait sur les mots et le souffle donné par Rouget-de-l’Isle.
En effet, j’ai gardé la vivacité et le rythme de notre hymne, car c’est une marche et doit le rester. Beaucoup d’auteurs proposent aujourd’hui d’en faire un chant pacifiste en revisitant les paroles. Aussi belles soient-elles : c’est pour moi un contre sens.
Mon propos est de garder l’agressivité naturelle de ce chant pour la mettre au service de l’Homme et surtout de la République qui est notre ciment à tous : pareil au mortier qui relie et maintient les pierres du mur entre elles…
Il m’est souvent objecté : « Vous ne pouvez refaire l’histoire, le passé » … Ou alors : « Vous ne respectez pas tous ces gens qui sont morts en la chantant »… Quels étranges arguments…
La Russie (2002), l’Allemagne (1991)… et pour ne citer que ces pays, ont modifié il y a quelques années les paroles de leurs hymnes et n’ont rien perdu, ni leur identité, ni leur grandeur devant le monde, bien au contraire.
Quant à ceux qui montaient au front en 1914, dont une grande partie de ma famille, anéantie à Verdun et jamais retrouvée, ils rêvaient d’un monde meilleur (« plus jamais ça ») et l’écrasante majorité d’entre eux ne chantait pas La Marseillaise sous les bombes, contrairement à ce que nous font croire les films ou les clichés patriotiques décalés de leur réalité : l’enfer de la boue, de l’acier et des cadavres.
Si un jour, il est quelques hommes d’honneur qui ont le courage d’affronter le conservatisme, l’esprit captieux des gens qui prétendent savoir sans avoir pris beaucoup de temps pour réfléchir, accepter aussi de subir par avance l’injustice de l’incompréhension, l’humiliation par la dérision… Alors, nous préparerons avec ces justes le chemin vers l’humanisme, en plaçant dans notre hymne des mots qui désignent mieux nos aspirations, nos valeurs et vers, osons le dire, notre projet de civilisation (essayer d’élever la « partie humaine » et fraternelle de l’Homme).
Malraux, ne disait-il pas, « Le 21ème siècle sera spirituel ou ne sera pas ».
Puissiez-vous, Monsieur, faire partie des êtres qui comprennent et surtout soutiennent ma démarche.
En vous remerciant pour avoir pris du temps pour me répondre, ce qui honore à travers vous la démocratie, recevez, Monsieur le Député, Monsieur le Président de l’association des Maires de France, et particulièrement Monsieur le Maire de la ville natale de Rouget-de-l’Isle, l’assurance de mes plus respectueuses salutations.
Pierre MENAGER
Évolution Haut de page ↑
Monsieur,
Je réponds avec plaisir à vos remarques.
Oui l’identité nationale est bien vivante, avec ou sans débat, elle continue d’évoluer. La preuve : voici des paroles nouvelles pour La Marseillaise, composées à partir des précédentes, historiques, qui feront toujours parties de notre Histoire collective et par là participent à notre identité…
Simplement les mots doivent « transmuter » et nous ressembler davantage, être moins discordants avec notre projet de civilisation. Affirmer que les paroles du premier couplet de notre Hymne doivent rester exactement les mêmes, sans rien en changer, pas même une virgule comme je l’entends de-ci de-là, m’apparaît tout aussi excessif que de tout changer … Gardons la musique, l’esprit et l’ossature du texte. Si nous voulons que notre identité nationale rayonne davantage, accordons-nous pour faire évoluer le sens implicite des paroles.
Pour le reste, les réponses à vos questions sont dans les pages du site.
En vous remerciant de l’intérêt que vous avez porté à mon travail.
Pierre M.
Liberté, Égalité, Fraternité Haut de page ↑
Chère Mariette,
Je réponds rapidement à votre courrier électronique envoyé par l’onglet « contacts » du site.
Je ne suis pas un personnage politique et souhaite rester à ma place, à l’écart de cela. J’ai toujours eu pour les élus un sentiment où se mêlent admiration et prudence. En effet, il est parfois difficile de mesurer la sincérité de leurs initiatives ou de leurs intentions … Sans doute est-ce le système actuel de la « démocratie – spectacle » qui leur impose cela … mais c’est bien gênant.
Que dire de la signification des mots inscrits aux frontons des mairies et auxquels vous faites allusion ? Dans ce que je perçois de la réalité de cette vie : la liberté m’apparaît comme un beau rêve, l’égalité, plutôt un mythe, et la fraternité, ce qui est possible … maintenant.
Bien amicalement,
Pierre M.
Histoire Haut de page ↑
Chère Hélène,
Je réponds volontiers à votre mail.
La Marseillaise est un chant qui se distingue étonnamment des autres.
Dans la langue française que nous partageons aujourd'hui avec quelques pays d’Europe, d’Afrique et d’Amérique du Nord, il nous reste à peine quatre vingt mots issus directement des peuples gaulois.
Sans doute est-ce assez pour nous inoculer cet esprit rebelle, indiscipliné mais parfois tellement altruiste.
Oui ce chant nous ressemble et nous rassemble. Mais les paroles de Rouget de l'Isle prennent aujourd'hui un sens différent après les coups de butoirs des tempêtes de l’histoire. Je fais allusion en particulier aux différentes épurations ethniques, à la Shoah et au sang des français parfois trop facilement versé sans compter.
Mais paradoxalement proposer d’autres paroles risque de diviser un peu plus les gens de ce pays. Étrange et douloureux dilemme pour quelqu'un qui se propose de les rassembler derrière son texte.
Cependant j’ai foi dans ce pays et dans tous ces visages blancs, bruns ou mélangés.
« Un jour viendra couleur d’orange » … écrivait Aragon, enluminé par la musique et la voix de Ferrat.
C’est vrai comme un souffle d’espoir !
Il m’est parfois objecté : refaire les paroles de La Marseillaise, c’est comme réécrire l’histoire de France ; c’est tenter de poser un bras à la Vénus de Milo, un nouveau nez à la Joconde… Ne touchez pas à cela…
Je ne pense pas refaire quoique ce soit mais prolonger quelque chose qui de mon point de vue, risque de s’éteindre dans les temps à venir si rien n’est fait.
En effet, La Marseillaise n’est finalement qu'une chanson. A ce titre et comme pour beaucoup d’autres, leurs paroles évoluent souvent dans le temps. Le couplet des enfants dans La Marseillaise n’est pas de Rouget de Lisle et qui s’en soucie aujourd'hui … Oui au fil du temps, les paroles et les musiques des chansons peuvent changer, « transmuter » … Les noms des auteurs qui se seront succédés, oubliés…
Si la chanson reste vivante elle parle au cœur des gens. Si elle se fossilise, se dessèche, elle meurt inévitablement, ce n’est qu'une question de temps.
Je propose de construire une autre demeure avec les pierres taillées par les pères de nos pères et par les gens venus de tous les pays les rejoindre. C’est ainsi qu'on sauvera La Marseillaise : en faisant en sorte qu'elle soit un lien entre hier et demain.
Afin qu'elle redevienne un miroir dans lequel nous serons heureux de regarder une image vivante qui nous ressemble…
Oui Hélène, c’est un symbole immense que nous partageons en espérant que ce soit désormais toujours pour le meilleur…
Bien amicalement,
Pierre MENAGER
Contexte historique Haut de page ↑
Bonjour,
Nul antidépresseur, ni substance non autorisée, ni coup de soleil, ou tanin du sud-ouest. Encore moins des champignons … Je laisse tout cela à ceux qui souffrent de manques.
C’est beaucoup plus simple. Quand je suis allé mettre mes pas dans les pas de ces millions de gens qui ont été assassinés dans les camps de concentration, quand je me suis penché sur les fosses où des enfants avaient été déversés vivants et aussitôt recouverts de terre, prolongeant désespérément leur vie, puisqu'aux dires des témoins la terre bougeait pendant plusieurs minutes … Quand devant les fours, j’ai vu l’étrange poussière grise partout présente, 60 ans plus tard.
Tout cela parce qu'un fou avait décidé que leur sang n’était pas assez pur, leurs cheveux pas assez blonds…
Sur le chemin du retour, cela fait déjà cinq ans, je me suis promis d’essayer de proposer un jour d’autres paroles à l’hymne national du pays des droits de l’homme. Évidemment les paroles et le contexte à l’époque de Rouget de l’Isle n’avaient rien à voir avec tout cela … Mais depuis, l’histoire contemporaine nous fait revisiter le sens des paroles de notre hymne.
Bien sûr je suis conscient de mon impossible quête. Mais si au moins j’arrive ça et là, à susciter un débat, une réflexion, je n’aurai pas traversé cette vie pour rien.
Pour le reste tout est dans le site. Bises retournées, Chère Roberte, So long.
Bien amicalement,
Pierre MENAGER
International Haut de page ↑
Cher Gérard,
C’est effectivement un vrai désaccord qui nous différencie mais ne nous oppose pas forcément. Je te remercie de m’avoir vraiment enrichi de tous tes points de vue qui sont solides et tiennent bien la route. Mais ce n’est pas ma route. J’ai choisi un autre chemin. Mon voyage en Pologne dans les camps n’était pas le début d’une prise de conscience mais bien son aboutissement.
Je vis dans les années 2010, les médias nous manipulent encore plus subtilement que les chefs d’états des nations. Notre époque est radicalement différente de celle qui envoya, sous les accents de La Marseillaise, toute une génération à l’abattoir en 1914, dont une grande partie de ma famille.
Je ne suis qu'un modeste citoyen, sans doute très idéaliste. Me lancer dans la création d’un nouvel hymne original, Français ou mondial, serait inadapté, et plutôt stupide et je ne provoquerais pas même un débat. Proposer un couplet différent pour La Marseillaise, aux couleurs des aspirations plus humanistes des peuples d'aujourd'hui, a beaucoup plus d’intérêt et valait bien quelques efforts…
J’essaye de provoquer simplement des forums de discussions entre ceux qui l’acceptent (comme toi et moi). Je sais qu'il est illusoire pour ce peuple, globalement très conservateur, d’accepter facilement de tel changement.
Gare à celui qui prétendra toucher aux armoiries de la République car elles sont fixées pour des siècles et des siècles, sans doute jusqu'à la prochaine révolution. Au regard de l’histoire terrible du monde et de toutes les épurations passées et actuelles, je propose simplement de ne plus parler de patrie mais de France, je remplace l’étendard sanglant par un autre de justice et de fraternité, le sang impur par la liberté qui éclaire le monde entier. Parce que, même nos pires ennemis, nos tortionnaires seront toujours nos frères humains.
Les mots seraient des mantras qui agissent sur nous et nous forment depuis notre naissance, voire avant (d’où l’importance du choix du prénom pour la vie).
Je ne pense pas qu'un gouvernement mondial nous protégera. Je ne partage pas ton approche. Au mieux, les nations les plus fortes se regrouperont pour protéger leurs intérêts, augmenter leurs richesses et piller encore plus méthodiquement la planète et bientôt les autres qui nous entourent…
Le problème est dans l’homme, rien que dans l’homme, et on ne peut changer son cœur. On ne peut rien transmettre, chaque nouveau-né doit tout réapprendre. A commencer par les mots sanglants de La Marseillaise !
Un des plus célèbres couplets de La Marseillaise, celui des enfants, a été écrit bien après la mort de De l’Isle et rajouté ; le sais-tu ? Personne n’en fait état. Alors, pourquoi ne pas glisser une nouvelle perle au diadème de Marianne ? Et considérer que l’histoire de notre hymne est toujours en marche, y compris dans sa structure même.
A chacun sa liberté ; la tienne est de ne rien changer car le poids de l’histoire -officielle- écrase le sens des mots. C’est étrange venant de toi. Dommage car ta voix est une voix précieuse de moins en faveur de cette mutation, cette transition sans violence vers laquelle converge ma belle espérance.
Mais, à force de ne pas vouloir évoluer, s’adapter, reconstruire de nouvelles cathédrales avec les pierres des anciennes qui s’écroulent, le fruit pourrira et bientôt avec l’arbre tout entier.
Merci du temps que tu as pris, de ta franchise, de tes propos dont je sens la retenue, de ton élégance et de ton tact.
Pierre M.
Les paroles Haut de page ↑
Cher Xavier,
Merci de vos remarques. Je vais essayer de répondre à vos questions mais, au préalable, il me faut vous préciser quel a été le cadre de cette petite composition, facile en apparence, mais qui m’a absorbé, je n’exagère pas, des centaines d’heures… Je suis parti de l’idée (je le ressentais ainsi…) qu'il fallait rester proche de l’esprit combatif de Rouget de l’Isle et de sa marche guerrière, car cela en est une. J’ai donc écarté l’idée d’en faire un chant pacifiste. C’était même pour moi un contre sens… ou autant changer d’hymne. Mais, mettre l’agressivité initiale de cet esprit un peu Gaulois au service de l’humanisme et du fraternel dans l’homme m’a inspiré. L’idée de faire chanter des milliers de gens des paroles différentes sur une musique enracinée dans leur histoire me plaisait. Leur faire chanter, à la place de paroles sanguinaires mais avec la même énergie : la justice, la fraternité, l’idéal républicain, le combat contre tyrannie et la joie d’être ensemble (hourra, voici l’espoir…) voilà encore ce qui m’a inspiré. Quand je mentionne la justice, il s’agit bien d’une justice teintée d’Amour… Mais, je vous le redis, je n’ai pas voulu verser dans le pacifisme et c’est en cela que ma démarche est sans doute différente des nombreuses versions que j’ai lues ou entendues à ce jour.
En ce qui concerne l’expression « Nous vaincrons l’injustice et la peur »… J’ai passé en revue un nombre incalculable de mots pour construire cette petite phrase et j’ai trouvé, moi aussi, « vainquons l’injustice et la peur » qui avait l’avantage d’offrir le même nombre de pieds que dans l’hymne historique, mais je l’ai finalement écarté car la phonétique de « vainquons », peu esthétique, ne me plaisait pas et une grossière analogie apparaissait en filigrane. Mais surtout, choisir le futur, c’est signifier qu’on se met ensemble pour converger vers un même but, et cela le présent ne l’offrait pas. C’est l’esprit même de cet hymne nouveau, réalisé avec des matériaux de l’ancien. Sur le plan musical, j’ai dû encore faire une petite licence à cet endroit là pour absorber le pied supplémentaire et il m’a été confirmé que cela passait très bien. De surcroît, je n’ai pas cherché à faire un « copier-coller ». C’est donc sous cette forme que je l’ai déposé à la SACEM en octobre 2008.
Je savais que le mot « hourra » choquerait, surprendrait un peu mais au début seulement. C’est un vrai risque mais ce mot, dans un tel contexte, est porteur de force et de surcroît se chante très bien. Comme pour chaque mot, j’ai cherché le sens profond et son origine exacte. Il s’avère être un mot étonnamment européen, car il a beaucoup voyagé ! Si La Marseillaise avait été composée avec, initialement, personne n’oserait le changer de par l’énergie qu’il nous donne. C’est vrai, vous avez raison, pour des moments plus « officiels », il n’est peut-être pas assez classique… mais aussi parce qu’il est nouveau et qu’on n’y est pas habitué. J’y ai beaucoup réfléchi et je me suis dit que, finalement, il était infiniment plus porteur de vie que le « aux armes » qui, lui, étonnamment ne choquait personne parce que, là aussi, tout le monde y était habitué ! Alors, je l’ai retenu sur des centaines d’expressions différentes qui me venaient à l’esprit et… après des dizaines de nuits d’insomnies ! Maintenant, j’aime cette expression qui me ressemble, je n’y puis rien changer. Et puis cela s’accorde très bien avec « le chant de la victoire ». C’est encore tout cela l’esprit de cette nouvelle Marseillaise : un chant fait d’énergie, de joie, avec un peu d’originalité, pour voir enfin la liberté éclairer le monde entier.
Enfin, pour l’interprétation actuelle en solo, vous avez parfaitement raison, c’est un peu léger et j’en suis conscient. Mais, j’ai enregistré très rapidement cette première épure pour faire en sorte que cela existe. Mon objectif initial n’était pas celui là. Je voulais une voix de femme ou d’enfant, très pure, sur un bel arrangement. Tout cela sera modifié en fonction de mes moyens et du peu de temps qu’il me reste pour me consacrer à ma quête. Et, si au plus haut, il m’est accordé de vivre encore un peu pour finir cela.
Je vous remercie encore avec le cœur pour vos pertinentes remarques.
Recevez toute mon amitié.
Pierre M.
Nota : Il est très tard et je suis bien fatigué, aussi n’ai-je plus l’énergie de me relire…
Idéologie ? Haut de page ↑
Cher Monsieur,
Le capitalisme n’est pas un parti ou une idéologie, c’est un concept. Il définit des échanges marchands. Toutes les sociétés le pratiquent. Quels qu’en soient leurs dogmatismes. Capitalisme d’état ou privé. Le capitalisme se distingue par son absence de morale.
Mais est-il le seul ? Lénine, Staline, pour ne parler que des personnes auxquelles vous faites allusion, en avaient-ils ? Comment peut-on être anticapitaliste, donc chef d’une opposition à une idéologie qui n’existe pas. Sauf peut-être en ayant beaucoup de temps pour tuer le Temps ! Ce qui n’est pas mon cas.
J’espère que ma réponse est à la hauteur de votre question.
Bien amicalement,
Pierre MENAGER
Réponse au Président Haut de page ↑
Monsieur le Président de la République
PALAIS de l'ELYSEE
55, rue du Faubourg Saint-Honoré
75008 PARIS
Monsieur le Président de la République,
Je reviens vers vous après votre réponse portée par votre Chef de Cabinet.
Je suis profondément touché et très honoré de l’attention particulière que vous avez portée à ma démarche et à mes réflexions.
En effet, si La Marseillaise historique demeure pour certains peuples d’aujourd’hui un symbole encore puissant, leurs citoyens sont souvent choqués par la signification des paroles, quand notre hymne leur est traduit.
Vous soulignez la nécessité d’un effort de compréhension collectif et historique et je ne peux que rejoindre la justesse de vos propos. Cependant, l’histoire récente de la Shoah et des différentes épurations ethniques de notre siècle a donné un autre sens aux paroles de notre hymne, ce qui crée aujourd’hui un réel malaise difficile à ignorer.
Pour des enfants comme pour des nouveaux immigrants, et ne nous le cachons pas, pour beaucoup de français encore, le texte de notre hymne nécessite au préalable des efforts explicatifs pour mieux en saisir le sens, alors que les paroles devraient se suffire à elles-mêmes et permettre à l’émotion de nous envahir.
Or aujourd'hui, c’est davantage le poids de l’histoire qui nous retient de revisiter notre hymne plutôt qu’un réel attachement à des paroles très éloignées des valeurs républicaines de notre époque. Sans doute est-ce pour cela qu’une partie des français se détourne de notre hymne ou éprouve des difficultés à le chanter. Une loi coercitive risque d’exacerber le problème.
Même, si aujourd'hui nous sommes nombreux à connaître la vraie signification des paroles, exempte de tout racisme, écrites par Rouget de Lisle, le cœur n’y est plus…
Même avec l’effort de compréhension historique auquel vous faites justement référence, l’histoire nous invitera tôt ou tard à recomposer les paroles de notre hymne ou même à en changer.
De surcroît, inculquer un chant aussi violent et sanguinaire aux jeunes enfants, même entourés de réelles précautions pédagogiques, interroge nos responsabilités et notre projet éducatif collectif.
Oui, Monsieur le Président, « La liberté est un bien qui se conquiert et se défend » mais le courage et la vertu doivent être à la hauteur de nos responsabilités devant le monde.
La Russie a modifié les paroles de son hymne en Juillet 2002 tout en conservant la musique historique de Sakalowski…
Au peuple français aussi, cette question se posera bientôt sur le méridien de l’histoire.
Voilà pourquoi je vous en propose une recomposition.
Puissiez-vous être le Président qui permettra l’ouverture de cette indispensable réforme afin que le couplet historique soit confié au musée de la République avec tous les honneurs et l’immense respect que nous lui devons.
Ainsi, nous français, indépendamment de nos origines, retrouverons la fierté de chanter cet hymne au sens renouvelé.
Recevez, Monsieur le Président de la République, l'assurance de mes plus respectueuses salutations.
Pierre MENAGER