La marseillaisite : au secours Docteur !

(publié avec l’aimable autorisation de René CRUSE)

Au secours Docteur !
Je n’arrive pas à chanter La Marseillaise.
Ses paroles, dites symboliques, se bloquent sur « le sang impur ».
Pourtant je suis un Français à part entière, j’ai fait la guerre comme beaucoup d’autres, mais j’ai une maladie que je nomme «la marseillaisite» qui entrave ma gorge et surtout mon cerveau. Je ne peux brailler «Aux armes citoyens». Je me réfère à la contradiction du Président dans la cour des Invalides dénonçant « les bras vengeurs » de la sixième strophe.
Alors Docteur, ? vous allez me traiter de « pacifiste » qui sonnerait alors comme une injure ?
Suis-je un débile qui ignore l’Histoire de la Révolution française et l’origine du texte ?
Je partage l’immense émotion nationale du 13 novembre, mais je suis malade de voir la jeunesse d’aujourd’hui chantant sa mort à l’unisson.

Peut être que Madame la Secrétaire perpétuelle de l’Académie française pourrait mettre à l’ordre du jour du Dictionnaire un nouveau vocabulaire dans le symbole républicain.
Au secours Docteur ! J’ai mal à la France.

René Cruse
GENÈVE

« Biographie » (source wikipédia) :

Croix de guerre 1939-1945 Française - par Fantassin72 (Coloniale) sous Licence CC by-sa 3.0
Croix de guerre 1939-1945 Française – par Fantassin72 (Coloniale) [GFDL, CC-BY-SA-3.0 or CC BY-SA 2.5], via Wikimedia Commons
René Cruse est  né en 1922 à Bordeaux. IL est licencié en théologie, pasteur de l’Église réformée de France pendant 25 ans successivement à Nancy, à Cannes et à Casablanca, puis à Nevers », secrétaire francophone du Mouvement international de la réconciliation de 1968 à 1974, puis responsable des relations publiques (au Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou) de 1974 à 1977. À Genève, René Cruse travaille à la Fédération des centres de loisirs, jusqu’à sa retraite. Il est diplômé de l’Institut universitaire d’études du développement (IUED) de Genève. René Cruse est l’auteur de plusieurs ouvrages.

Pendant la « Seconde Guerre mondiale » il s’évade de France en 1943, rejoint les « Forces françaises libres », participe au « Débarquement de Provence » en août 1944 et à la Libération. Il est décoré de la « Croix de guerre 1939-1945 ».

Il devient militant « Anti-militarisme » pendant la « Guerre d’Algérie » et renvoie son livret militaire en 1957. Il milite contre l’Arme nucléaire et la politique nucléaire française. René Cruse s’engage en faveur des objecteurs de conscience. Il est inculpé en 1972 pour avoir fait connaître l’existence du statut d’objecteur en France. Un second procès a lieu en 1973 à Corbeil près de Paris, pour incitation à l’insoumission et à la désertion, qui provoque des manifestations de soutien. Avec le temps, René Cruse s’inscrit également comme critique radical de l’institution religieuse.

René Cruse (8 cotobre 2012) - Licence CC by-sa 3.0
René Cruse (8 cotobre 2012) par Luca21 (travail personnel) [CC BY-SA 3.0], via Wikimedia Commons
René Cruse vit à Genève depuis 1977. Il s’engage dans le mouvement alternatif local et devient président des « Jardins de Cocagne », participe au « Groupe pour une Suisse sans armée », est cofondateur du « Comité Paix Genève », est premier président de l’Association des lecteurs du « Le Courrier », devient accompagnant « Groupe Sida Genève ». Il fait la connaissance de Jean Ziegler, puis de Daniel de Roulet.